Paper: Blessés et soignants de la Résistance en France occupée : une expérience de la violence de guerre durant la Seconde Guerre mondiale

Paper details

Paper authors Raphaële Balu
In panel on Rethinking the History of Attacks on Healthcare
Paper presenter(s) will be presenting In-Person / Online

Abstract

L’historiographie de l’occupation nazie en Europe a longtemps distingué un front oriental soumis à l’extrême violence nazie et un front occidental plus épargné, sur lequel le droit de la guerre avait été globalement respecté. Mais si les violences contre les populations civiles ont été systématiques à l’Est, elles n’étaient pas absentes des théâtres d’occupation à l’Ouest. Refusant d’appliquer le droit de la guerre aux résistants, les forces de la répression n’ont épargné ni leurs blessés, ni leurs soignants, considérés eux aussi comme des terroristes. En avril 1944, les autorités allemandes avaient même fait savoir que tout individu ayant soigné des blessés par armes à feu ou explosifs avait l’obligation de dénoncer ses patients - le silence pouvant être puni de mort. Dès avant cette date, les massacres de résistants identifiés à l’hôpital, les attaques d’hôpitaux clandestins, le meurtre ou la déportation des soignants étaient courants. Ce papier se propose d’interroger l’ expérience de la guerre « irrégulière » des soignants auxquels était refusée la protection du droit international et la manière dont ils ont fait face à la violence extrême dirigée contre eux et contre leurs patients, notamment à partir des ego-documents qu’ils ont produits pendant ou après la guerre.

Wounded and caregivers of the Resistance in occupied France: an experience of violence during WW2
For a long time, historians of the Nazi occupation in Europe have opposed an Eastern front subjected to extreme violence, to a Western front where war laws had been broadly respected. However, some of them have recently shown that while violence against civilian populations was widespread in the East, it was not absent from the theaters of occupation in the West. By refusing to apply the law of war to Resistance fighters, the forces of repression spared neither their wounded nor their caregivers, considered as terrorists as well. In April 1944, the German authorities even declared that anyone who took care of a wounded civilian by firearms or explosives was compelled to denounce their patient – silence could be punished by death. Even before that date, massacres of Resistance fighters identified in hospitals, attacks on clandestine hospitals, murder or deportation of caregivers were common. This paper intends to question the experience of "irregular" war for caregivers who were denied the protection of international laws as well as the way in which they faced the extreme violence directed against them and their patients, as shown by ego-documents they produced during or after the war.

Back

Presenters

Raphaële Balu